Humeur

Comment j’ai rencontré Bea

Il y a quelques jours, j’ai sauvé un chat.
Rectification: mon mari a sauvé un chat.

On était tranquillement en train de surfer sur la toile cirée chacun de notre côté quand des miaulements intempestifs et répétés se sont fait entendre. On aurait dit que ça venait de la bow-window, devant la maison.

J’ai laissé l’homme aller au devant du danger. On ne sait jamais, la nuit, les renards rôdent dans Londres.
Il n’y avait rien. Pourtant les miaulements continuaient de plus belle. On s’est rapprochés de la bow-window. La plainte semblait provenir du dessous de la maison.

Là, j’ai commencé à gamberger et je me suis dit qu’il y avait un chat qui avait été assez con pour venir se coincer on ne sait comment sous le plancher, qu’on ne pouvait pas l’en déloger, qu’il allait agoniser bruyamment pendant des jours et des nuits et qu’il allait finir par crever ce con et que son cadavre allait empester notre Home Sweet Home pendant des mois avant que, finalement, épuisés et fourbus, nous nous décidions à déménager.

Oui, je sais je vais assez loin dans la gamberge. C’est mon côté loufoque ascendant pessimiste. Le problème quand tu gamberges, c’est que tu ne réfléchis pas efficacement. Car l’homme, lui, avait déjà commencé à solutionner l’énigme.

En fait, le maudit chat s’était faufilé dans le petit soupirail juste devant la bow-window. Ce soupirail servait autrefois à déposer le charbon livré aux maisons pour se chauffer. Et le couillon de chat ne pouvait plus en sortir.
On eut beau l’appâter avec un peu de lait, faire des «minou-minou» (tu nous aurais vus, tu te serais bien marré). Rien à faire, il était apeuré. Impossible de le faire sortir.

A ce moment-là, tu vois, on était un peu dépités. Une bête en souffrance en sous-sol et nous, partagés entre la pitié et l’agacement de devoir supporter des miaulements pendant une période indéterminée.

A qui pouvait-il être ce foutu chat? Difficile de le savoir, c’est le paradis des chats dans ma rue. Je les vois défiler régulièrement sur les clôtures de bois qui séparent les jardinets. Il y en a de toutes les couleurs: des noirs, des gris, des roux, des tigrés…

Je me suis dit qu’on pouvait appeler «SOS Chats en détresse» a.k.a the RSCPA, l’équivalent de la SPA.
Sachez qu’à 23h30, la RSCPA veille! Un charmant monsieur m’a répondu. Après avoir décliné mon identité, mon adresse et expliqué le problème, mon interlocuteur m’a demandé de prendre mon mal en patience car il n’y avait pas urgence et qu’il enverrait quelqu’un prompto le lendemain matin.
«Un chat souffre», j’ai dit. «Je sais, je sais ma bonne dame» qu’il a répondu, «mais il n’est pas en danger de mort imminente, je vous envoie quelqu’un demain matin».

Et pendant ce temps, les miaulements se faisaient de plus en plus pressants. Piteux, nous nous sommes résolus à regarder la fin de 24h avec un volume sonore proportionnel à l’agonie de la bête.

Alors que Jack s’apprêtait à sauver le monde pour la 8ème fois après plus de 20 heures sans dormir (il dort quand Jack Bauer?), on a entendu des voix devant la bow-window. Figurez-vous que c’était les propriétaires du chat. Alléluia! Il était presque minuit à ce stade. Nous avons fait connaissance avec Bea et Johnny, coloc de fortune dont j’aurai l’occasion de te reparler (oh que oui!).

Bea est la maman du chat. Après quelques mots dont seules les mamans ont le secret, le chat est sorti du soupirail pour se blottir dans ses bras. Bea s’est confondu en excuses et nous a remerciés chaleureusement d’avoir «sauvé» son chat.

Nous sommes restés interdits devant tant d’éloges et de remerciements. Nous étions devenus les héros d’un soir, sauveurs pour l’éternité de «French Bread». Oui, le satané chat se prénomme «French Bread», «Frenchie» pour les intimes. Comment les gens font-ils pour faire preuve de tant d’originalité pour nommer bêtes et enfants.

Bea nous a dit qu’elle ne savait pas comment faire pour nous remercier. «Ben tu prends ton chat et tu te casses car c’est pas tout ça mais moi j’ai envie de savoir si Jack va désamorcer la bombe», je me suis retenue de dire. A minuit à jeun (alcooliquement parlant), je peux être un tantinet over the line. En fait j’ai lâchement dit: «Oh don’t worry about it, I’m so glad you’ve found your little Kitty. Have a good night and so nice meeting you» (je sais aussi faire dans le British style)

Et Johnny qui continuait ses incantations: «you saved our cat, you saved our cat…».
Ouais ouais, good night!

Le lendemain soir, Cat Woman Bea était sur le pas de notre porte avec un gâteau home made pour nous remercier d’avoir sauvé Frenchie. Et ce n’était que le début (d’accord, d’accord), car il y avait aussi une invitation à une soirée cubaine le surlendemain.

A suivre (car l’aventure continue)…

PS: la photo a été prise il y a quelques années sur l’île aux Moines (Morbihan).

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Catégories :Humeur

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18 réponses »

  1. et laors? c’était la béa-titude au moins ce gateau? mfff tu m’as bien fais rire ce soir !!!

    et j’imagine trés bien ta tête « british style » quand ta bouche dit ce que ta tête ne pense pas ! j’en rigole toute seule!

    bise de bretagne où mon dieu qu’il fait beau!!!!

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